
Les troupeaux de vaches laitières
Il y a 70-80 ans, toutes les fermes possédaient un troupeau de vaches laitières, le lait représentant la principale source de revenus pour les cultivateurs.
Les troupeaux étaient en général constitués de quinze à vingt-cinq vaches bien souvent de races croisées.
Aux vaches, s’ajoutaient des porcs, des volailles et parfois des moutons qui complétaient le cheptel qui permettait de subvenir aux besoins alimentaires des familles nombreuses de l’époque. Chaque ferme produisait presque tout ce que la famille consommait.

La vache était, et est encore, élevée soit pour son lait (races de vaches laitières), soit pour la production de viande (races à viande ou « allaitantes »), soit pour les deux (races mixtes).
Les taux de gras et de protéines présents dans le lait varient selon les races de vaches. Certaines races, jugées plus profitables pour le producteur, que ce soit grâce à leur taux de graisse butylique, leur facilité au vêlage, leur adaptabilité, etc., furent favorisées avec le temps.
Tableau de comparaison des races de vaches élevées au Canada
Source : Société d'histoire de la région d'Acton

La Canadienne

Caractéristiques de la race
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Taille moyenne
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Pelage brun foncé ou noir, plus rarement brun pâle, fauve ou roux
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Poil plus pâle autour de la ligne du dos et près du museau et du pis
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Généralement, la peau du corps est pigmentée de noir
Avantages de la race
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Son lait donne 5 % plus de fromage que la moyenne des autres races, il est plus riche en protéines (3,61 %) et en gras (4,33 %) que celui de la vache Holstein.
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Vêlage supérieur
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Fertile
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Fourrure duveteuse adaptée aux rudes conditions climatiques canadiennes (peut aller plus tôt aux pâturages et rentrer plus tard à l’automne)
Association
Ferme Jacques Provost, Acton Vale
Photo : Jonathan Laplante, Le Répertoire
Historique de la race
La vache Canadienne est la seule race de vache propre à l’Amérique du Nord. Elle provient de croisements entre des vaches de Bretagne et des vaches de la Normandie arrivées en Amérique du Nord au XVIIe siècle.
En 1850, la vache Canadienne est pratiquement la seule race de vache élevée au Québec. Incontournable de l’époque de la colonisation, on s’en servit autant pour sa force motrice de traction (transport, labours, etc.), pour la production de viande et la production laitière. Elle a dominé l’élevage bovin jusqu’à la moitié du XIXe siècle.
Cependant, vers 1880, la race était en voie d’extinction. De plus, elle était exclue des expositions canadiennes puisqu’on ne la considérait pas comme « pure » n’ayant pas, comme les autres races, son livre généalogique. La Société des éleveurs de bovins canadiens (SEBC) fut alors créée. Puis, en 1886, on créa le livre généalogique de la vache canadienne et enfin, en 1895, l’Association des éleveurs de bovins canadiens-français fut fondée et organisée sous la loi de la généalogie du bétail en 1905. Jusqu’en 1914, la SEBC amorça un programme audacieux d’élevage basé sur l’accouplement consanguin contrôlé des meilleurs sujets de la race canadienne.
En 1970, le ministère de l’Agriculture et l’Alimentation du Québec (MAPAQ), inquiet de la consanguinité de la race Canadienne et afin d’améliorer son rendement décida de la croiser avec la Suisse Brune. Bien que l’introduction de patrimoine génétique de la Suisse Brune résulta en des améliorations significatives, la race Canadienne faillit disparaitre à l’époque.
En 1999, le gouvernement adopta une Loi sur les races patrimoniales et la race Canadienne fut désignée comme race patrimoniale.
Afin de préserver la race Canadienne, le MAPAQ donna un soutien financier au programme « Projet Embryon Plus » qui consistait à identifier des sujets de la race canadienne purs à 100 % et à récolter leurs embryons. En 2000-2001, trente embryons furent ainsi mis à la disposition d’éleveurs.
Les efforts pour sauver la race continuent. En 2002, il n’y avait que 187 têtes de bovins canadiens dans le monde (au Québec, en Ontario, aux États-Unis et en France). De ces 187 têtes, vingt-sept se trouvaient à Acton Vale, quinze à Saint-Valérien et une à Roxton Pond!
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Nanette de Cap-Rouge. Source : Fonds de la Société des éleveurs de bovins Canadiens, Société d'histoire de la Haute-Yamaska.

Vache Canadienne vers 1940. Source : Fonds de la Société des éleveurs de bovins Canadiens, Société d'histoire de la Haute-Yamaska.

Source : BANQ.

Nanette de Cap-Rouge. Source : Fonds de la Société des éleveurs de bovins Canadiens, Société d'histoire de la Haute-Yamaska.
La Suisse brune

Caractéristiques de la race
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De grande taille
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Pelage uniforme brun-gris
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Mufle et oreilles plus clairs
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Extrémités des cornes noires
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Muqueuses foncées
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Oreilles velues et blanches à l’intérieur
Avantages de la race
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Adaptation aux climats montagnards, chauds et arides
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Produit un lait riche en grande quantité
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Résistante aux maladies
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Animal calme
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Persistance de lactation, lait plus riche en phosphore et en calcium
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Bonne longévité
Association
Ferme Hans Schweizer, Acton Vale
Photo : Jonathan Laplante, Le Répertoire
Historique de la race
La Suisse brune serait la plus ancienne race de vaches. Elle est originaire de Suisse. Elle est issue d’un croisement entre le bos taurus primigenus et le bos taurus crachyceros. Les frontières naturelles formées par les chaînes de montagnes suisses ont permis à chaque région de développer sa variante. Le type de sol des différentes régions est aussi en partie responsable des variantes de poids et des variantes de l’espèce.
Au XVIIe une sélection rigoureuse des plus beaux spécimens fut faite dans l’élevage de l’abbaye de Einsiedeln dans le canton de Schwytz. Considérée comme le berceau de la race, l’abbaye fournit ensuite des reproducteurs aux éleveurs du canton.
À la fin du XIXe siècle, une « chasse » fut faite afin d’éliminer les sous-variétés, permettant à la Fédération suisse de la race brune d’homogénéiser la race petit à petit. Son livre généalogique fut créé en 1911.
Elle fut introduite au Canada à la fin du XIXe siècle. La première Suisse brune arriva dans les Cantons de l’Est en provenance des États-Unis. La race se répandit ensuite à l’ensemble du Canada.
Elle est maintenant élevée sur cinq continents et compte environ dix millions de têtes dans le monde, dont 1500 au Canada.
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Source : Brown Swiss Association

Source : Brown Swiss Historical Society

Source : Université de l'Illinois

Source : Brown Swiss Association
La Holstein

Caractéristiques de la race
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Taches noires et blanches, parfois taches rouges et blanches
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Cornes courtes en forme de croissant
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Mamelle très volumineuse, veinée
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Tronc anguleux et abdomen développé
Avantages de la race
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Spécialisée en production laitière : championne du monde en quantité de lait produit
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Trayons bien adaptés à la traite mécanique
Association
Ferme du Parc, Roxton Pond
Photo : Cynthia Laflamme
Historique de la race
L’espèce Bos primigenius est élevée depuis plus de 2000 ans. Après avoir été domestiquée, elle fut croisée avec des races introduites dans les Pays-Bas et l’Allemagne lors des invasions qui suivirent la chute de l’Empire romain.
Dès 1621, des Hollandais introduisent la Holstein en Amérique du Nord, mais son importation aux États-Unis et au Canada ne débute qu’à partir de 1881. Les vaches Holsteins sont devenues particulièrement populaires durant les années de crise.
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Source : Société d'histoire de la région d'Acton

Vache Holstein qui fut championne lors de l'exposition agricole de St-Hyacinthe en 1942. Source : BANQ

«Starbuck» célèbre reproducteur. Source : Société d'histoire de la région d'Acton.

Source : Société d'histoire de la région d'Acton
La Jersey

Caractéristiques de la race
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Petite taille
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Robe fauve plus ou moins foncé
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Généralement unie ou pie
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Tête plus foncée
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Muqueuses sombres
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Tour du mufle blanc
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Cornes dirigées vers l’avant et le bas, en croissant serré.
Avantages de la race
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Facilité au vêlage
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Maturité hâtive
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Grande fertilité
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Vache versatile
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Longévité de production
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Haut taux de gras (4,8 %) et de protéines (3,85 %)
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Plus petite et demande moins d‘aliments
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Grande tolérance à la chaleur
Association
Ferme Roxton Pond Senc, Roxton Pond
Photo : Cynthia Laflamme
Historique de la race
Cette race proviendrait du continent africain, ce qui expliquerait sa grande tolérance à la chaleur. Elle aurait ensuite été introduite dans les îles celtiques de la Manche où elle fut élevée pratiquement isolée pendant plus de mille ans. De 1789 à 2008, l’importation de vaches et d’embryons fut interdite sur les îles de la Manche afin de préserver la pureté de la race.
Elle fut introduite au Québec dès 1868. L’association canadienne Jersey fut fondée en 1901 et débuta l’enregistrement de son propre livre génétique en 1905.
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Vache Jersey championne à l'exposition agricole de St-Hyacinthe, 1943. Source : BANQ

Vache Jersey, St-Hugues

Bouchon de pintes de lait provenant de la ferme Elmstead fondée en 1969 à Shefford. Source : Collection St-Amour

Vache Jersey championne à l'exposition agricole de St-Hyacinthe, 1943. Source : BANQ
L'Ayrshire

Caractéristiques de la race
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Rouge et blanche
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Cornes en lyre haute
Avantages de la race
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Adaptée à la saison froide et aux conditions difficiles
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Précoce
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Exempte de maladies génétiques
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Fertile
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Facilité de vêlage
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Plus bas taux de comptage leucocytaire canadien
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Mamelle bien adaptée à la traite mécanique
Association
Ferme François Beaudry, Granby
Photo : Cynthia Laflamme
Historique de la race
Elle est originaire des régions montagneuses du comté de Ayr, en Écosse. Elle est issue d’un croisement entre la race Teeswater (aujourd’hui disparue) et du bétail des îles anglo-normandes (Jersiaise et Guernesey). Ses caractéristiques rouges et blanches se développèrent à partir de 1800, ce qui la fit reconnaître en 1814.
Ce sont les pionniers écossais qui introduisirent la vache Ayrshire au Canada dès 1800. L’association québécoise de la vache Ayrshire fut fondée en 1870 et l’association canadienne deux ans plus tard. Ces deux organisations fusionnèrent pour former l’Association des éleveurs Ayrshire du Canada en 1901.
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Championne Ayrshire à l'exposition agricole de St-Hyacinthe, 1943 Source : BANQ

Monsieur Gratton, cultivateur, tenant une vache Ayrshire, 1948.

Championne Ayrshire à l'exposition agricole de St-Hyacinthe, 1943 Source : BANQ
La Guernesey

Caractéristiques de la race
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Couleur fauve dorée avec marque blanche
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Taille moyenne
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Cornes courtes et relevées
Avantages de la race
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Calme
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Vêlage facile
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Maturité précoce
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Efficace pour convertir le fourrage en lait
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S’adapte aux conditions climatiques extrêmes
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Lait à teneur élevée en matière sèche, lait de couleur dorée grâce à la haute teneur en bêta-carotène.
Association
Ferme Serol, Roxton Falls
Photo : Cynthia Laflamme
Historique de la race
Cette race bovine a été développée il y a environ mille ans par des moines habitant sur une île anglo-normande située au large de la France, l’île de Guernesey. Ces moines avaient amené avec eux des vaches Normandy Brindle (Alderney) et des vaches de la race du Froment de Léon de Bretagne, races considérées comme les meilleures lignées de bovins français. En 1819, une loi fut adoptée afin d’empêcher l’importation d’autres races de vaches sur l’île; la race fut maintenue pure depuis ce temps.
Ce fut une mer agitée qui amena les premières vaches Guernesey au Canada. Un navire qui se dirigeait en Nouvelle-Angleterre fut forcé d’arrêter en Nouvelle-Écosse et dut y débarquer ses animaux. En 1878, ayant apprécié les bovins, les habitants demandèrent au ministre fédéral de l’Agriculture Sir John Abbot, qui devint par la suite premier ministre du Canada, d’importer des vaches Guernesey, ce qu’il fit.
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Guernsey Breeder's Journal, volume 22, no 3, 1er août 1922. Source : USA Guernsey Association.

Fifi, vache championne Guernesey, 1908. Source : USA Guernsey Association.

Source : USA Guernsey Association.

Guernsey Breeder's Journal, volume 22, no 3, 1er août 1922. Source : USA Guernsey Association.
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